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L'épopée coloniale allemande

978-2-37271-187-6

Sylvain Roussillon

Nouveau

Vient de paraître,

en librairie le 14 mai

Résumé

25,00 €

Fiche technique

Pages272 + cartes + 16 p. de cahier photos
Dimensions16 x 24 cm
Couverturesouple
Date de parutionavril 2021

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Préface de Rémy Porte
Postface de Bernard Lugan

   Dans l’imaginaire collectif, en France comme dans la plupart des autres pays concernés, la Première Guerre mondiale est une guerre « européenne ». Ni l’engagement de contingents français et britanniques, venus des colonies et territoires ultramarins, ni même l’arrivée des premières troupes américaines en 1917, ne modifient cette perception. Le cinéma aidant, quelques rares esprits, songeant à Lawrence d’Arabie, englobent le Proche-Orient dans les zones de conflit.
   Pourtant, de 1914 à 1918, et même après la date du 11 novembre, l’Océanie, l’Asie et surtout l’Afrique ont été le théâtre de batailles mobilisant plusieurs dizaines de milliers de combattants et de civils. L’Allemagne dispose alors d’un empire colonial suscitant toutes les convoitises.
   On ignore en effet trop souvent que l’Allemagne fut, de 1884 à 1918, une puissance coloniale. Et l’histoire de ces territoires demeure totalement méconnue autant que les spécificités de leur colonisation.
   À l’occasion des cérémonies du centenaire de cette guerre, la mémoire des combattants a été, à juste titre, honorée. On a aussi légitimement salué le rôle des troupes coloniales venues se battre en métropole. Il est donc temps désormais de découvrir ces grands oubliés : combattants, indigènes et européens, qui côte à côte en Asie, en Océanie et en Afrique défendirent les joyaux de l’Empire des Hohenzollern.

   Engagé professionnellement dans le domaine des collectivités locales et territoriales, Sylvain Roussillon est un passionné d’histoire. Il a publié chez Via Romana un ouvrage remarqué : Les Brigades internationales de Franco. Ancien Directeur général d’une école de management, il préside aujourd’hui un établissement d’enseignement supérieur privé (reconnu par le ministère de l’Éducation nationale) spécialisé dans les sciences sociales, économiques et politiques.

Du même auteur :

Les Brigades internationales de Franco 

Dans la presse

Blog Guerres et Conflits, 3 juin 2021

   Si la Grande Guerre a été une guerre mondiale dès le premier jour, cela tient à l'existence d'un empire colonial allemand aujourd'hui oublié mais que les Franco-Britanniques se sont empressés d'attaquer. Avant l'entrée en guerre du Japon ou de la Turquie, alors que les défaites se succèdent sur le front de France, la seule victoire alliée d'août 1914 est la conquête du Togo.

   L'auteur a bien voulu me demander de rédiger un avant-propos et veut bien rappeler que peu d'auteurs se sont intéressés au sujet. En douze chapitres, de la "proto-histoire coloniale" allemande au XVIe s. à la mémoire qui fut conservée de cet éphémère empire colonial après la Grande Guerre, Sylvain Roussillon revient sur la présence allemande en Afrique et en Asie à la fin du XIXe s., puis s'attache à décrire avec une grande précision la situation de chaque territoire et les opérations conduites par les Alliés pour les conquérir. Il consacre également deux chapitres à l'escadre navale von Spee, du bombardement de Papetee aux Falklands, et aux "corsaires" dans le Pacifique (EmdenSeeadler). Après un coup de projecteur sur les territoires d'Océanie, le gros de l'ouvrage est consacré à la conquête des colonies d'Afrique, Togo, Sud-ouest africain, Kamerun et bien sûr Afrique orientale avec la belle (et inattendue) résistance de von Lettow-Vorbeck. Un récit ponctué de détails et de précisions toujours utiles.

   On apprécie la belle bibliographie finale (ouvrages en français, en anglais et en allemand), qui comporte également de nombreuses références d'articles. Une publication particulièrement bienvenue en ces temps de repentance à outrance.

Causeur, 14 mai 2021

   Dans L’épopée coloniale allemande, Sylvain Roussillon nous raconte la colonisation allemande dont le glas sonnera avec la défaite de 1918.
   Il aura fallu trois décennies pour que l’Allemagne des Hohenzollern se taille une part du lion en Afrique, en Asie ou même en Océanie avant de perdre subitement toutes ses possessions au profit de la France, de la Belgique ou encore du Royaume-Uni à la fin de la Première guerre mondiale.
   Chapitre méconnu de l’histoire prussienne, c’est ce sujet exotique que Sylvain Roussillon aborde dans son dernier ouvrage, L’épopée coloniale allemande, paru aux éditions Via Romana. À travers 270 pages, ce passionné d’histoire nous entraîne sur les chemins d’une aventure expansionniste, rarement explorée et qui aborde pourtant de multiples thématiques (politique, diplomatique, économique, militaire ou encore culturelle).

   Vers l’Afrique de l’Ouest
   Conférence de Berlin, 1885. Réunie sous l’égide du chancelier Otto von Bismarck, c’est à coup de règle que les puissances européennes vont finaliser le partage du continent africain. Il s’agit pour les Hohenzollern de faire reconnaître leurs colonies d’Afrique de l’Ouest, de l’Afrique orientale et du Sud-ouest africain comme partie intégrante du nouveau Reich baptisé sur les cendres du Second empire français.
   La signature de différents traités sonne comme une revanche pour l’Allemagne qui n’a pourtant pas attendu ce siècle pour se lancer dans l’aventure coloniale. Sylvain Roussillon nous plonge dès les premières pages dans les balbutiements de l’aventure allemande « proto-coloniale » qu’il décrit avec minutie et dont le projet sera voué à l’échec, faute « d’unité politique et de moyens suffisants » pour la réaliser. Le colonialisme allemand est autant une affaire politique que commerciale avec ses personnages hauts en couleur comme Adolf Lüderitz ou encore von Lettow-Vorbeck. Togo, Cameroun, Rwanda, Burundi, Tanzanie et Namibie... autant de pays qui ont composé et porté le casque à pointe de la Deutsch Ostafrika qui va rivaliser avec ses consœurs asiatiques et océaniennes.

   Diplomatie de la canonnière
   Guillaume II se méfiait du « péril jaune ». À l’image de son empire, Berlin privilégie la « diplomatie de la canonnière » pour s’imposer en Extrême-Orient et se retrouve au cœur de la guerre des Boxers, cette secte chinoise qui entend rejeter à la mer tous ces « diables blancs » qui menacent la monarchie céleste des Qing. Sylvain Roussillon nous renvoie à notre imaginaire et nous fait pénétrer dans cette guerre larvée que l’Allemagne impériale se livre avec le Japon pour le contrôle des ports. Un épisode qui sera à l’origine du ralliement surprenant du Mikado aux Alliés lors de la Première guerre mondiale. Le conflit va sonner la fin du rêve colonial allemand.
   Aucune colonie du Kaiser n’est épargnée par cette guerre fratricide qui se déroule aussi bien sur les mers que dans les territoires contrôlés par une Prusse guerrière. Des cartes militaires nous permettent de suivre les différentes batailles qui vont sceller doucement mais inéluctablement le destin de l’empire allemand outre-mer. Résistance désespérée en Nouvelle-Guinée, on se passionne à l’évocation d’Hermann Detzner qui va mener sa guerre personnelle avec son bataillon, les « Papous du Kaiser », une expédition qui pourrait figurer en bonne place dans l’émission « Man versus wild » tant les ingrédients sont tous rassemblés.
   De ce roman colonial, il ne reste hélas que « des sentiments de honte et de culpabilité » et des noms de rues qui sont débaptisées sous la pression de partis politiques qui imposent une culture de repentance.

Frédéric de Natal